Rosa Luxembourg

Rosa Luxemburg

Rosa Luxemburg est une femme politique puissante . Dotée d’un tempérament capable d’ incendier une steppe, elle est de celles et ceux qui ne se courbent jamais et restent fidèles toute leur vie à leurs idéaux.

Elle est née le 5 mars 1871 en Pologne , quelques jours avant la commune de Paris. S’il y a des dates qui tracent un destin, celui de Rosa est marqué par le combat révolutionnaire. Elle dira d’elle-même avec malice :

«  Si je virevolte dans le tourbillon de l’Histoire, c’est par erreur, au fond je suis faite pour garder les oies »

Militante communiste dès sa jeunesse en Pologne, elle doit fuir en Suisse. Elle émigre ensuite en Allemagne, qui est à ce moment-là le foyer du mouvement ouvrier international. En peu de temps, elle acquière une place importante  au sein du  Parti socialiste-démocratique  :  le SPD.

Héritière de Karl Marx et fabuleuse oratrice, sa flamme et sa force de persuasion captent les foules. Elle se bat pour imposer sa voix contestataire dans un parti tenté par le réformisme.

Elle participe en 1905 à l’insurrection de Varsovie et suit de près la révolution russe. Dans le même temps, elle écrit son œuvre majeure : L’Accumulation du capital.

A l’aube de la première guerre mondiale, le fossé se creuse entre la majorité de la direction du SPD et sa frange la plus radicale. Au parlement, Karl Liebknecht est le seul de son groupe à refuser de voter les crédits de guerre. Rosa ne pardonnera jamais cette trahison fondamentale des membres du parti socialiste.  

Elle multiplie les discours pacifistes et antimilitaristes, elle appelle les mouvements ouvriers d’Europe à se rallier. Accusée de trahison, elle est condamné à quatre ans de prison. Durant son enfermement, elle écrit des lettres à ses amis d’où émane une incroyable force de vie. Elle tient debout grâce à sa faculté d’émerveillement au monde et à la beauté qu’il recèle, même dans ses formes les plus infimes.

Elle connaît le chant des oiseaux et le nom des plantes. Elle accueille avec joie le premier bourdon qui vient la visiter dans sa cellule.

« Si on la regarde bien , l’obscurité profonde de la nuit est belle et douce comme du velours et dans le crissement du sable humide, sous les pas lent et lourd de la sentinelle, chante aussi une petite chanson, la chanson de la vie. Pourvu seulement qu’on sache l’entendre »

Durant ses années de détention, elle ne cessera d’enjoindre ses camarades à rester, quoi qu’il leur en coûte, des êtres humains dignes de porter ce nom.

A sa sortie de prison , elle rompt avec le SPD et fonde avec Karl Liebknecht la ligue Spartakus.

Rosa Luxemburg accueille avec enthousiasme la révolution russe de 1917. Mais elle reste clairvoyante et critique à l’égard de Lénine :

« La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d’un parti aussi nombreux soient-il, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement « .

En 1918, elle devient l’une des fondateurs du Parti communiste allemand et en rédige le programme.

En janvier 1919, elle participe à l’insurrection spartakiste à Berlin à contrecœur, car elle ne pense pas que le rapport de force leur soit favorable. Le ministre membre du SPD, Gustav Noske est chargé d’organiser la répression. Il la confie aux corps francs,  milice d’extrême droite qui donnera plus tard naissance aux nazis. L’insurrection est écrasée dans le sang. Le 15 janvier, Rosa la Rouge est sauvagement assassinée avec Karl Liebnecht.

Une des voix les plus lumineuse et progressiste de ce siècle est étouffée. Les conséquences de cet assassinat sur l’avenir pacifique de l’Europe sont incalculables.

ECRIT PAR JULIE MENARD

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